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La réforme du Bac : décryptage d’un système inégalitaire annoncé

La réforme du Bac : décryptage d’un système inégalitaire annoncé

Le contenu

À la rentrée prochaine, la réforme du bac rentrera en application. Adieu les filières générales L, S et ES, elles sont tout simplement abandonnées. La scolarité sera désormais composée dès la seconde d’un socle d’enseignements communs auquel s’ajoutent trois matières en classe de première à choisir parmi une offre de 12. En terminale ce ne sont plus que deux matières qui doivent être choisies. Chaque lycée a l’impératif de proposer 7 matières parmi ces 12.

L’examen de fin d’année en Terminale est lui vidé de sa substance. Seul subsiste  l’épreuve de français à la fin de la première année. Ainsi en terminale les élèves ne présenteront non plus 10 épreuves comme actuellement mais seulement 4. Ces épreuves compteront pour 60 % de la note finale. Les 40% autres seront issus d’un contrôle continu (30% d’épreuves communes, 10 % sur les notes des bulletins).

Une réforme qui ne répond pas à une faiblesse de notre système éducatif, l’orientation

En aucun cas la réforme n’apporte de réelle avancée en matière d’orientation. Une orientation de qualité constitue pourtant bien souvent une réelle attente pour les étudiants qui peuvent avoir l’impression d’avancer dans le brouillard lorsqu’on leur impose de choisir entre des matières ou des filières alors qu’ils en ignorent pour une large partie à la fois les contenus concrets et les débouchés.

Pire, en pratique, la réforme tend à se mettre en place sans réelle qualité d’information pour les élèves et leurs familles : des brochures sont distribuées aux élèves dans les classes. Ces brochures sont constituées d’informations très légères. Les élèves sont renvoyés à un choix à faire au sein de leur foyer. Les parents sont-ils à même de les épauler dans ce choix ? D’autant que les enseignants n’ont pas toujours le temps ni les moyens de s’improviser conseiller d’orientation.

A Villeneuve-Saint-Georges le CIO, où les élèves peuvent avoir accès à un conseiller d’orientation, est fermé. Ils doivent donc se rendre dans une autre ville telle que Boissy-Saint-Léger ce qui apparaît particulièrement désincitatif pour l’élève.

Conclusions, les élèves sont hyper responsabilisés dès la seconde : tu choisis ce que tu veux, mais choisis bien sinon… le droit à l’erreur tu n’as pas le droit !

Une réforme qui renforcent les inégalités sociales et territoriales

Si la réforme offre sur le papier la possibilité pour les élèves de choisir parmi 12 matières, il est certain que la liberté réelle de choix de l’étudiant sera limitée. Les lycées (et donc le lycée de secteur de l’élève) ne sont tenus de proposer que 7 matières parmi 12. Si un élève souhaite une matière non proposée par son lycée, la sectorisation sera t-elle abandonnée ? Mystère ! Et quand bien même ce serait le cas, jusqu’où devront-ils aller pour suivre leur enseignement ? Devront-ils traverser le département pour suivre leur enseignement, avec les conséquences économiques et de fatigue qui s’en suivent ?

Le système actuel démontre que les lycées les plus aptes à fournir un large lot de formations de qualité sont aussi les lycées situés au sein des quartiers les plus favorisés. Une simple comparaison entre le lycée Henri IV à Paris (ou encore Berthelot à Saint-Maur-des-Fossés) et le lycée Arago de Villeneuve-Saint-Georges (ou encore Georges Brassens de Villeneuve le Roi) démontre assez aisément qu’en matière d’accès à l’éducation, l’école de la République ne loge pas l’ensemble des élèves à la même enseigne.

Il est très probable qu’un élève du lycée Arago doive s’attendre à l’avenir à ce que son lycée ne soit capable de lui offrir que les enseignements les plus communs et les moins coûteux.

Pire encore, le nouveau format du baccalauréat va dans le sens d’un accroissement des inégalités entre les établissements (et donc entre les élèves).

Antérieurement à la réforme, le baccalauréat était un diplôme national plaçant à égalité les élèves de la République. Pour une même filière, l’ensemble des élèves passaient les mêmes épreuves sur l’ensemble du territoire. Si bien qu’un baccalauréat obtenu à Henri IV avait la même valeur qu’un baccalauréat obtenu à Arago.

A présent, avec 40% de la note issue d’un examen continu, le réforme tant à créer un baccalauréat propre à chaque lycée. De sorte que la valeur du baccalauréat sera marquée par la valeur de l’établissement d’obtention.

Les élèves auront dès lors toutes les chances de subir une discrimination positive ou négative en fonction de leur lycée d’origine dans l’accès à l’enseignement supérieur.

Les propositions de la FI

A l’école de l’inégalité des chances nous préférons l’école du progrès, de l’égalité et de l’émancipation. Pour répondre aux difficultés de notre système éducatif, nous proposons :

  • Un lycée qui continue de s’organiser autour de ses 3 voies, en respecter et en consolider la spécificité contrairement à la dissolution qui est à l’œuvre.
  • Le développement de la voie professionnelle et le rétablissement du bac pro en 4 ans pour accéder justement à une véritable qualification.
  • Refonder la voie technologique pour offrir une palette diversifiée de spécialisations de haut niveau à tous les élèves.
  • Restaurer le cadre national des diplômes, des programmes, des statuts, des horaires.
  • Créer des postes d’enseignement dans toutes les filières et spécialités afin d’offrir à tous les élèves une éducation de qualité.